Maman prenant un moment pour elle pendant que son enfant joue à la maison

Pourquoi est-il si difficile de prendre du temps pour soi quand on est maman ?

Prendre du temps pour soi quand on est maman semble parfois plus compliqué qu’il n’y paraît.

Sur le papier, cela paraît presque évident. Se reposer un peu, faire quelque chose que l’on aime, sortir, lire,voir une amie, faire du sport, ou simplement ne rien faire pendant quelques instants. Mais dans la réalité, prendre du temps pour soi lorsqu’on est maman peut devenir étonnamment compliqué. Parce qu’il ne suffit pas toujours d’avoir une heure de libre. Encore faut-il réussir à se l’accorder.

Sans penser à ce qu’il reste à faire. Sans avoir l’impression que quelqu’un d’autre aurait besoin de ce temps et sans culpabiliser. Et surtout, sans se demander si l’on a vraiment le droit de passer, pour une fois, avant le reste.

Prendre du temps pour soi peut donner l’impression de prendre du temps aux autres

Il y a une culpabilité particulière que beaucoup de mamans connaissent. Vous pourriez avoir besoin de souffler et pourtant penser : Je devrais plutôt profiter de ce moment pour ranger. Je pourrais avancer le repas. Je n’ai pas beaucoup vu les enfants aujourd’hui. Mon partenaire aussi est fatigué. Ce n’est peut-être pas le bon moment. Alors vous repoussez.

Pas nécessairement parce que quelqu’un vous interdit de prendre ce temps. Parfois, personne ne vous demande rien. Mais quelque part, vous avez intégré l’idée que vos besoins peuvent attendre. Les besoins des enfants semblent urgents. Les tâches de la maison sont visibles. Les rendez-vous ont une heure. Les obligations ont une date. Votre besoin de souffler, lui, n’a pas toujours d’échéance. Alors il devient facile de le déplacer le lendemain. Puis au lendemain suivant.

Jusqu’à ce que prendre soin de vous ressemble presque à quelque chose qu’il faudrait mériter.

Même lorsque vous vous arrêtez, votre tête continue de travailler

Et puis il y a ces moments où, techniquement, vous avez du temps pour vous. Vous êtes assise. Les enfants dorment ou sont occupés. Peut-être même êtes-vous sortie seule. Mais votre esprit, lui, n’a pas vraiment quitté la maison. Il pense au rendez-vous à prendre. Au linge. À ce qu’il manque dans le réfrigérateur. Au message auquel vous devez répondre. À ce qu’il faudra préparer demain matin. À cette chose importante que vous avez peur d’oublier. Votre corps s’est arrêté, mais votre tête continue d’organiser.

C’est aussi cela, la charge mentale : cette multitude de petites informations que l’on garde quelque part dans son esprit pour que le quotidien continue de fonctionner.

Et lorsqu’une grande partie de votre énergie est consacrée à anticiper, organiser, vérifier et penser pour plusieurs personnes, être physiquement seule ne signifie pas forcément être mentalement disponible pour soi.

C’est peut-être pour cela que certaines pauses ne reposent pas vraiment. Vous avez eu trente minutes pour vous… mais vous ne vous êtes jamais complètement déposée.

À force de passer après tout le monde, cela devient une habitude

Au début, cela peut sembler temporaire. Quand le bébé dormira mieux. Quand cette période sera terminée. Quand les enfants seront plus autonomes. Quand j’aurai moins de travail. Quand la maison sera enfin organisée. Alors on s’adapte.

On met certaines envies de côté. On réduit ses besoins. On reporte des projets. On apprend à fonctionner avec moins de sommeil, moins de temps, moins d’espace pour soi. Et à force, quelque chose d’étrange peut se produire :

Lorsque quelqu’un vous demande enfin :

« Qu’est-ce que tu aimerais faire, toi ? »

Vous ne savez plus vraiment quoi répondre. Pas parce que vous n’avez plus d’envies. Mais peut-être parce que vous avez passé tellement de temps à écouter les besoins des autres que les vôtres sont devenus plus difficiles à entendre. Et c’est là que prendre du temps pour soi devient plus profond qu’une simple question d’organisation. Il ne s’agit plus seulement de trouver une heure dans un agenda.

Il s’agit parfois de réapprendre à se demander :

De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?

Prendre soin de soi ne signifie pas forcément avoir beaucoup de temps

Lorsque l’on parle de « prendre du temps pour soi », on imagine parfois quelque chose de grand. Une journée entière sans enfants. Un week-end, un massage, une sortie ou une activité régulière. Et lorsque tout cela paraît impossible dans notre quotidien, on finit par penser que prendre soin de soi devra attendre. Pourtant, revenir vers soi peut commencer beaucoup plus petit. Boire son café avant qu’il ne refroidisse, sans faire autre chose en même temps. Sortir marcher dix minutes seule. Écouter une chanson que vous aimez. Lire quelques pages. Appeler une amie. Prendre une douche sans essayer de battre un record de vitesse. S’asseoir quelques minutes sans transformer immédiatement ce moment en occasion de répondre aux messages ou d’organiser la journée du lendemain. Reprendre quelque chose que vous aimiez avant.

Ou simplement vous demander :

« Qu’est-ce qui me ferait du bien maintenant ? »

Ce ne sont peut-être pas des transformations spectaculaires.

Mais ces petits moments envoient un message important :

Moi aussi, j’existe dans cette journée.

Commencer par se redonner une petite place dans sa propre journée

Peut-être que votre quotidien ne vous permet pas actuellement de disposer de plusieurs heures rien que pour vous. Ce n’est pas grave. Commencez avec ce qui est réellement possible dans votre vie aujourd’hui. Vous pouvez par exemple choisir un petit moment dans votre journée et décider qu’il ne sera pas automatiquement donné à une tâche. Dix minutes, quinze minutes ou peut-être davantage lorsque c’est possible. Et pendant ce temps, essayez de ne pas vous demander ce que vous devriez être en train de faire. Demandez-vous plutôt ce dont vous avez besoin. Parfois, ce sera du repos. Parfois, du silence. Parfois, bouger, créer, parler, sortir et rire.

Ou simplement ne pas répondre aux besoins de personne pendant quelques minutes. Il ne s’agit pas d’ajouter une nouvelle obligation à votre liste.

Prendre soin de soi ne devrait pas devenir une tâche supplémentaire à réussir parfaitement.

Il s’agit simplement de recommencer, doucement, à vous inclure parmi les personnes dont vous prenez soin.

Vous n’avez pas à mériter le droit de prendre soin de vous

Vous n’avez pas besoin d’avoir terminé toute votre liste. La maison n’a pas besoin d’être parfaitement rangée. Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être épuisée. Et vous n’avez pas besoin de justifier chaque moment consacré à vous-même par le fait qu’il vous permettra ensuite d’être « une meilleure maman ».

Vous pouvez aussi prendre soin de vous simplement parce que vous êtes une personne avec des besoins, des envies, un corps, des limites et une vie intérieure qui comptent. Être maman occupe une place immense.

Mais cela ne signifie pas que toutes les autres parties de vous doivent devenir silencieuses. Alors peut-être que la prochaine fois que quelques minutes se présentent, vous n’avez pas besoin de les remplir immédiatement.

Vous pouvez commencer par vous poser une seule question :

« Et moi, de quoi ai-je besoin aujourd’hui ? »

La réponse ne sera peut-être pas spectaculaire. Mais l’écouter est déjà une façon de reprendre votre place.

Prendre soin de la femme que vous êtes n’enlève rien à la maman que vous êtes. Cela lui redonne simplement une place à vos côtés.

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